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Et hop qualifiés pour la TransatJV 2019 !

September 6, 2019

 

   Le (fabuleux !) plateau des participants aux grandes courses au large se fait par invitation de l’organisation et nous devons tous montrer à travers un parcours d’observation que bateau et équipage sont aptes à traverser l’atlantique dans toutes les conditions de mer et de vent… et même s’il ne fait pas beau !

 

   La direction de course valide ainsi (ou pas) la demande d’inscription et le suspense est à son comble…

 

   Je plaisante mais c’est sérieux et nécessaire car notre sport reste dangereux (un copain ministe tombé fatalement de son bateau il y a quelques semaines, un Figaro 3 coulé il y a quelques jours) et seule l’expérience permet d’acquérir les bons réflexes sachant qu’ils doivent être adaptés et entretenus pour chaque type de bateau... je peux vous dire que les forces en jeu sur un IMOCA sont sans commune mesure avec un Figaro ou même un Class40.

 

   Nous (Tolga l’incarnation de la force Turque et de l’intelligence rochelaise et votre serviteur, scribe aujourd’hui, Erik) sommes donc partis de la Rochelle pour 2000 km de navigation tous terrains afin de nous qualifier pour cette jolie Transat mais également pour profiter de cette navigation afin de valider la préparation du bateau démarrée en Juillet…

Mettre un IMOCA en ordre de fonctionnement optimal pour aller danser la samba au Brésil et revenir manger des huitres à la Rochelle n’est pas une mince affaire car tout est grand, lourd, surdimensionné sur ces navires…

 

   Il faut déjà sortir le bateau de l’eau et le démâter, en fait c’est plutôt dans le sens inverse : on démâte (un tube de carbone de presque 30m de long) et on sort le bateau de l’eau (une bestiole de plus de 20m de long avec son but dehors, de près de 6m de large et de 9 tonnes). Pour les amateurs de grues et d’engins spéciaux c’est un rêve d’enfance, pour moi c’est plutôt stress et vérification de ma police d’assurance…

 

   Mais bon, une fois notre coursier des mers bien posé sur son ber (à 5 mètres de haut c’est un super perchoir pour les cigognes égarées) c’est là que le boulot commence (surtout pour Tolga !!) : ponçage de la coque, application de l’antifouling (Nautix), peinture fluo pour les appendices (pour que le bateau soit visible à l’envers en pleine mer… surtout n’y pas penser… mais prévoir !)…

 

   Mais également changement des bouts (Kaya Ropes) principaux qui ont déjà fait 4 transats et un tour du monde… Une drisse de grand-voile c’est 100 mètres de dynema, 70m pour la drisse de gennaker…  et il faut la surgainer dans les endroits de friction sachant que certains de ces bouts doivent résister à plusieurs tonnes de tension !

 

   Dans notre « to do » il y avait aussi le changement du schnorchel bâbord (sorte de tuyau qui sort sous la coque pour remplir ou vider les ballasts) qui avait été cassé par un OFNI lors du convoyage Horta-La Rochelle en avril dernier, le changement des padeyes (crochet en dynema et carbone) qui permettent de baisser les safrans, le changement de l’emmagasineur de voiles d’avant (Karver), le changement des chariots qui permettent de hisser et tenir la grand-voile (Antal), la décoration de la coque et des voiles avec une bise spéciale à Xavier et sa société COMATEF qui nous ont soigné, le remplacement de la pompe d’assèchement (Accastillage Diffusion), … !

 

   Enfin le changement de l’étai de J2 (foc intermédiaire) était clé car il tient le mât structurellement sur l’avant et notre gréeur Vincent Le Serec a géré toute la partie mâtage, démâtage avec son talent habituel ! C’est lui que vous pouvez voir en Spiderman sur les vidéos déjà postées…

 

   « Bref » de quoi bien occuper notre été et partir en mer est enfin la récompense pour toute cette préparation…

 

   Après cette courte introduction, nous voilà donc partis (mardi à 15h) pour un aller-retour vers le phare du Fastnet au sud de l’Irlande. Les vents sont faiblissants sur la côte atlantique et démarrons par quelques bords de près pour passer entre les iles de Ré et Oléron puis progressons vers Yeu et Belle-Ile avec un flux variant de sud-ouest à ouest de 12 nœuds… 10 nœuds… 8 nœuds… Il nous faudra 24h pour monter jusqu’à l’occidentale de Sein (la balise qui délimite l’ouest de l’île) ce qui n’est pas vraiment un exploit avec un IMOCA mais pas si mal avec ce vent instable et peu soutenu…

 

   Alors que nous approchons de cette célèbre balise (si, si) nous avons la surprise de nous retrouver au milieu de 6 autres IMOCA qui jouent en mer d’Iroise avec leurs foils et nous tournent un peu autour… Il est vrai que nous avons pris un ris non pas parce que les conditions étaient extrêmes (maximum de 20 nœuds) mais pour valider les nouvelles bosses de ris et leur accroche dans les bloqueurs ZS (ce sont des bouts qui tirent la voile vers le bas par l’arrière et réduisent ainsi sa surface, il faut bien les dimensionner pour qu’ils puissent se bloquer et se débloquer facilement dans un système mécanique simple mais qui encaisse de très grosses pressions. Bon vous pouvez chercher sur Lilo.org si cela reste nébuleux).

 

   Dans tous les cas c’est cool de voir les nouveaux bateaux qui glissent sans s’enfoncer dans les vagues… mais ils ont encore de la mise au point à faire dans le gros temps… enfin, ça va quand même être dur de rivaliser…

 

   Nous suivons donc le nouvel Apivia et le voyons virer d’un coup et pensons qu’il s’arrête pour attendre les copains quand d’un seul coup nous nous retrouvons le vent dans le nez !

Il était prévu une bascule du vent du SO (220°) au NO (330°) mais je n’imaginais pas la transition en 3 secondes… il faut rester vigilant !

 

   Nous voilà donc partis plein ouest pour quelques heures avant de renvoyer vers le nord quand le vent va progressivement basculer à nouveau au sud-ouest…

 

   Il nous faut un peu calculer dans ce vent mollissant jusqu’ à 4 nœuds car il y a du courant avec les forts coefficients de marée (>100) et nous approchons du DST (dispositif de séparation des trafics) d’Ouessant et devons passer en dehors et éviter les nombreux cargos qui sont obligés de suivre  ces « rails ». Heureusement l’AIS marche bien et on peut les traquer sur la cartographie de l’ordinateur…

 

   En milieu de nuit de mercredi à jeudi donc après 36h de navigation nous commençons à toucher le vent d’ouest puis sud-ouest qui va nous mener jusqu’en Irlande… Il monte à 20 nœuds puis oscille entre 22 et 25. Nous sommes à 90/100° du vent réel donc vent de travers et notre IMOCA commence à donner toute sa puissance. Passés à 1 puis 2 ris et sous foc intermédiaire (J2) nous progressons contre une petite houle d’ouest de 2 mètres à 15 nœuds de moyenne. Ca tape un peu et le bateau envoie des gros décibels. Le bateau est facile mais je reste stressé et surveille l’électronique (sensible aux gros chocs), les safrans (on a modifié le réglage des systèmes qui bloquent les safrans en bas et il ne faudrait pas qu’ils se relèvent involontairement), la charge des batteries car à haute vitesse le moteur a du mal à fonctionner pour recharger (bientôt on passera en zéro émission mais on vous en reparlera…), la tenue des nouveaux chariots de grand-voile…

 

   Tolga lui reste zen et découvre ces nouvelles sensations de glisse… C’est vrai que c’est assez fascinant et on s’habitue très vite à avancer comme en multicoque…

 

   Nous arrivons au Fastnet jeudi soir pas loin de minuit… pluie, froid, clapot, vent, … je suis d’accord que c’est des stéréotypes qui donnent une mauvaise image du coin, mais bon, c’est (pour une fois !) le vrai décor… Donc vite demi-tour au niveau du phare mais en évitant de rentrer dans le DST local pour garder de la distance avec les rares cargos du coin…

Le vent a tourné et nous repartons à 60° du vent réel donc plutôt à une allure de « près océanique » (donc du près rapide) et nous marchons à 12 nœuds de moyenne en faisant un passage de quelques heures sous foc J3 (foc de brise) pour soulager le foc J2 qui commence à avoir des milles au compteur…

 

   Dans 24 heures nous serons de retour en mer d’Iroise…

 

   Une traversée de la mer d’Irlande puis de la Manche sans souci particulier et nous en profitons pour continuer de tester les plats que « Le Bon Bag » a mis à notre disposition. C’est agréable d’avoir des plats cuisinés prêts à être chauffés au lieu de lyophilisés pour lesquels ni Tolga ni moi ne sommes de grands fans même si c’est très pratique et léger…

Il y a plein de plats de saison compte tenu de notre proximité avec le grand nord 😊. Je vous donne ma sélection perso : Bœuf carottes (en y ajoutant du riz car je suis pas un gros mangeur de carottes…), Tajine de canard aux olives et citrons confits (avec coquillettes), Mijoté d’agneau aux tomates et lentilles bélouga, Joue de bœuf au piment d’Espelette avec risotto de quinoa d’Anjou aux échalotes, Sauté de veau, Velouté de carottes au cumin (avec riz). Miam ! Et tout ça élaboré par une entreprise familiale d’Anjou, vive nos terroirs !

   

   Nous profitons du courant de marée descendante jusqu’à Sein mais prenons la renverse alors que le vent mollit à 5 nœuds et refuse au point de nous retrouver au près serré… Avec tout autre bateau nous aurions commencé à reculer alors que là, calé à 55° du vent, le bateau s’est mis à accélérer et à se caler à 8 nœuds de vitesse en surface, se créant son propre vent apparent pour aller plus vite que le vent réel… magnifique !

 

   Et en plus le soleil s’extrait des nuages pour nous réchauffer, ce qui me motive pour faire un changement complet de tenue. J’avoue que je n’ai pas eu le courage de la douche à l’eau de mer à 13° et que les lingettes restent un must (faut juste trouver les bonne et ne pas les jeter à l’eau !!). Ca fait du bien on se sent tout neuf pour gérer la prochaine tranche ne navigation qui doit nous ramener gentiment sur La Rochelle en une vingtaine d’heures…

La météo est calme avec tout de même des grains et une tendance pluvieuse sur les Charentes Maritimes (je le crois pas !). Nous avons à nouveau de l’adonnante le vent remontant ouest et faisons trace directe.

 

   Au niveau de l’Ile d’Yeu nous commençons à ralentir volontairement en mettant le petit foc car nous seront trop tard pour rentrer dans le bassin à 18h30 et devons donc attendre la marée haute de dimanche matin 5h pour passer l’écluse et le pont du Gabu… On est super bien dans le bassin des chalutiers mais pour en rentrer ou en sortir c’est parfois un peu relou…

 

   C’est surtout moyen cool pour l’équipe à terre qui va venir prendre les amarres à un horaire qui pique un peu mais ils sont assez sympa pour couper leur nuit (merci Fabienne Isabelle et Pacôme !) pour nous accueillir.

 

   Ce fut une belle navigation sans réel problème technique et nous envoyons notre trace sur la carte électronique à Sylvie Viant la directrice de course de la Transat Jacques Vabre qui en retour nous annonce que nous sommes officiellement qualifiés !

 

   Alors café pour tout le monde et on rangera plus tard… !

 

   Tout est donc au vert pour attaquer cette saison avec, dès le 18 Septembre, le Défi Azimut à Lorient et ceci grâce à l’engagement à nos coté de Gilead et de Selectour. Bienvenue à bord pour ce voyage aventureux vers un monde sans sida…

 

   Bises à tous les militants de AIDES et à la Boucle du Ruban Rouge que je parraine, nous restons mobilisés pour que la France et l’ensemble des pays augmente leur contribution au Fonds mondial. C’est le 10 Octobre, on ne lâche rien !

 

   Erik

   IMOCA « vers un monde sans sida »

 

Skipper @ErikNigon @ImocaGS #versunmondesanssida Tolga @et_pamir @GileadSciences @Selectour #Selectour #SelectourVoyages #TransatJV #VG2020 @assoAIDES #bassindeschalutiers #portdelarochelle

 

 

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