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Question d'équilibre...

November 17, 2018

 

Cette nuit je garde le spi, la journée a été calme avec peu de vent 10 à 14 noeuds et la ça remonte un peu dans les 20 noeuds. J'ai tout préparé si il faut ranger le spi sous un grain mais avoue être peu à l'aise avec l'idée car hier le premier chaussettage a été poussif, peut-être écoutes pas assez choquées ?

 

On verra bien de toute manière, et puis je suis dans la configuration des pros qui sont en passe d'arriver car dès que je lofe un peu je suis à 18/20 noeuds de vitesse, par contre moi je n'y reste pas et redescend pour avoir le bateau bien à plat.

 

En fait, c'est juste une question d'équilibre : jusqu'à un certain angle, le pilote ramène à l’angle de vent consigné, mais si la pression est un peu forte sur les safrans, alors il continue de résister mais relâche avant la casse sous la pression, et là c'est parti pour un depart au lofe. Bien sûr on peut choquer la grand-voile en grand, c'est la première action quand on voit le pilote décrocher mais ça ne suffit pas toujours…

 

Je cherche la limite en espérant ne pas la trouver... Le souci avec notre sport c'est que tout ne dépend pas de nous ! Il suffit d'une vague un peu tordue ou une survente et l’équilibre est rompu. Les pros qui s'entrainent régulièrement et par tous les temps vont la chercher pour derrière analyser comment repartir au mieux, au plus vite et sans casse. Mais bon, parfois aussi eux ne s'en sortent pas indemnes.

 

La question est pourquoi aller défier cette limite et jouer l'équilibriste ?
Je vous le demande ?

 

Il y a ceux qui aiment les sensations fortes, que ça fait marrer de bourriner sous spi (bon, pour la plupart, c'est pas eux qui payent leur spi), dopés à l'adrénaline. Il y en a qui font ça et bien car c'est leur boulot et s'ils veulent gagner et garder/trouver des sponsors, faut y aller.

 

Moi j'avoue que ça me fait moyennement marrer de passer des jours et des nuits à la limite. Un bon run pour la vitesse et son ivresse, oui bien-sûr ! Mais mon problème, c'est que le machin devant moi au-dessus de ma tête fait 450 mètres carrés et que c'est pas facile à ranger et que la nuit va etre longue.

 

Pour m'habituer je me suis mis au clavier pour vous écrire mais à chaque gîte du bateau je lève le nez et retiens ma respiration...

Si je veux être capable de faire un Vendée Globe pas complètement en touriste, ça passe par s'habituer à vivre dans la durée avec des choses qu'on ne maîtrise pas complètement…

 

C'est un peu à l'inverse de notre société qui nous protège de plus en plus et de mieux en mieux  Maintenant c'est, je pense salutaire de se mettre dans ce genre de position, pas confortable mais salutaire, car il n'y a qu'une minorité à l'échelle de la planète qui a au moins l'impression de maîtriser sa vie. Alors, pour comprendre tout le monde il faut sans doute vivre quelques épisodes ou l'estomac se tord et ou on attend le réconfort du soleil levant (et tout le monde n'a pas cette chance).

 

Bref, je suis pas très fier et franchement flippe mais c'est mon choix et petit à petit ça va aller de mieux en mieux ! En tout cas ça va vite !!

 

Amitiés à tous et en particulier à ceux qui ont l'estomac qui se tord tous les soirs et tous les matins et qui ne l'ont pas choisi

 

Erik, la route vers un monde sans sida est aussi en équilibre instable et pourtant il ne tient qu'à nous de la poser et de la parcourir

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