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  • le voilier au ruban rouge

Pas de bol pour Alex


Le sommeil en mer en course est toujours un bon sujet de discussion. On en parle aussi beaucoup à terre mais entre la théorie et la pratique...

Mon approche est d’être à l'écoute de son corps et de s'adapter en permanence. Impossible de prendre un rythme régulier car des facteurs clés interviennent pour tout fausser : les efforts faits pour une manoeuvre, le stress de la vitesse et de la crainte de faire du hors-pistes, l'état de la mer qui peut secouer le bateau très fort et empêcher toute tentative de sommeil, les trois cafés pris pour rester de veille à un moment critique…

Pas possible non plus de faire de longues séquences de plusieurs heures car la météo et la mer ne sont jamais très stables et les bruits générés par ces conditions changent et automatiquement votre cerveau reptilien vous réveille.

Ce n'est pas un problème de dormir peu, ni peu à la fois donc pas non plus de recherche absolue et permanente de moments pour dormir.

Je différentie bien le repos physique, s'allonger sur son pouf avec la tête sur les compteurs et la télécommande du pilote à la main et le sommeil…

Pour ce dernier j'attends les signaux qui me disent que je ferais bien un petit somme... Comme quand vous êtes le soir sur votre canapé devant votre film ou série. Si vous fermez les yeux en position confortable vous partez facilement pour une petite sieste (et hop un petit surf à 20 noeuds !).

Quand je suis mûr donc je regarde ce qui est possible :

. Si la situation stressante, car haute vitesse et limite pour le pilote, je reste sur mon siège de veille dans le cockpit, ferme les yeux et généralement fait des micro-siestes de quelques minutes. Comme c'est très inconfortable et exposé pas de risque de partir dans un grand sommeil mais c'est déjà quelques minutes de grapillées

. Si c'est chaud mais assez stable je peux tenter les 15 minutes, dans ce cas je mets mon Fatboy à plat dans le carré et je me pose dessus les pieds dans la pente. Si il y a un coup de gîte, le pouf ne tient pas, je suis à moitié éjecté et bondit sur l'écoute de GV pour redresser la situation (pas à tous ces coups mais ça fait un joli shoot d'adrénaline)

. Si c'est "peinard" et que le risque principal c'est un grain, je cale le Fatboy au vent ou sous le vent et m'installe confortablement et là je peux dormir jusqu'à un cycle complet de 90 minutes. Compte tenu du stress de la nuit où c'est plus compliqué d'anticiper les grains ces grandes siestes se font plutôt le jour et dans la matinée

Au total ça doit bien faire 4 à 5 heures par 24 heures.

Le souci c'est des conditions stressantes qui limitent le sommeil aux micro siestes et le cumul de déficit fait que l'on perd sa lucidité (ne jamais dormir près des côtes avec le pilote en mode vent car si il tourne le bateau aussi) et que l'on va réussir à dormir une heure dans une position totalement inconfortable alors qu'on était parti pour 10 minutes max.

Malgré le vent (25 noeuds moyens) et toutes mes voiles dehors j'ai pu aujourd'hui passer deux cycles de 90 min. Je suis donc prêt pour une nuit dehors et si jamais ça mollit un peu, on verra pour faire un peu plus.

Après deux semaines en mer je me sens bien physiquement et ok pour le sommeil, je n'ai pas le rythme des vainqueurs mais compte bien ne pas m'arrêter en chemin...

Rien à voir, mais l'alarme ASN de la VHF vient de se déclencher pour la 50ème fois depuis le départ de Saint-Malo. C'est un peu soulant car ça se déclenche tout seul la plupart du temps et c’est un réveil désagréable...

Sinon ça glisse bien, je suis sur un grand bord rapprochant vers le Nord-Ouest et vais sans doute rester comme ça, tribord amure jusqu'à la nuit prochaine, voire mardi avant le dernier empannage vers la Guadeloupe

A demain

Prenez soin de vous et de votre sommeil

Erik Vers un monde sans sida


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