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  • Stéphane Ducamp

Analyse de la première semaine de navigation d’Erik sur la Route du Rhum - Destination Guadeloupe


La Team du Voilier au Ruban Rouge "Vers un monde sans sida" revient sur les 7 difficiles premiers jours de course

La descente de Manche s'est faite dans des conditions assez maniables, sans grandes options de la plupart des concurrents.

Dès Ouessant, ou peu après ont commencé les grosses difficultés pour l'ensemble de la flotte. Erik et ses petits camarades vont devoir affronter trois dépressions très creuses. Du point de vue tactique, il a traversé les fronts en bâbord amures vers l'Ouest avec un vent de Sud-Ouest, et viré en tribord vers le Sud avec les bascules au Nord-Ouest. Ceci pour les deux premières dépressions. Les avantages sont de profiter des bascules, de se rapprocher de la route orthodromique plus courte, et peut être d'avoir une mer un petit peu moins mauvaise en s'écartant des hauts fonds du golfe de Gascogne, et le long des côtes d'Espagne et du Portugal.

Pour la troisième dépression, Erik est parti nettement moins dans l'Ouest, certainement pour ne pas avoir à traverser le centre de l'anticyclone des Açores pour rejoindre les alizés qui bordent cet anticyclone dans son Sud-Est et Sud. En cela, il a fait comme la plupart de ses concurrents, mais à des degrés divers, comme Damien Seguin et Arnaud Boissières qui sont allés moins Ouest, et plus Sud que lui. Ils étaient déjà devant Erik au moment de ces choix. Au final, quand les routes se rejoindront, qui aura gagné ou perdu ? L'avenir nous le dira ! D'autres sont allés plus Ouest, surtout Boris Hermann, qui était assez nettement plus en avant dans la course. Il fut un moment classé en tête des Imoca (surtout lié à sa route plus proche de l'orthodromie), mais maintenant il souffre pour traverser l'anticyclone plus proche de son centre.

La grande option qu'à prise Erik, est celle de la sécurité. Et les faits lui donnent raison, vu le nombre d'abandons, escales forcées rencontrées par l'ensemble des concurrents. Erik a eu sa part de galères, moteur noyé d'eau suite à un problème de rotation d'arbre d'hélice avec son plomb, ayant endommagé les joints d'étanchéité, et provoqué une entrée d'eau dans le carter de transmission du moteur. De plus un problème de la bosse de ris N° 3 coincée dans le ZS, des problèmes d'électronique ayant entraîné des problèmes de pilote, et même au moins un virement intempestif.

D'avoir fait le gros dos, sans aller trop vite dans une mer casse-bateaux lui a permis d'avoir moins de problèmes que beaucoup, de ne pas avoir à se dérouter, ou même d'abandonner, ce qui est beaucoup…

Maintenant, il a un bateau en bon état (bosse de ris réparée), problème de moteur (angoisse de recharge de batterie) semble relativement contrôlé, pas de voiles d'avant déchirées ou détériorées (c'est arrivé à un certain nombre). Electronique à peu près OK (Bus principal OK, bus secondaire encore en rade ?).

Il peut commencer la régate normale comme il le dit, somme toute dans de très bonnes conditions.

Bon vent à lui

Stéphane Ducamp


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